Histoire des Juifs de Tunisie
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A Tunis :

Le vendredi au cimeti?re juif (TUNIS 1885)


...Les tombes juives sont tr?s simples, m?me les plus opulentes, et se ressemblent toutes, ce qui, philosophiquement, est d'un grand go?t. C'est un bloc en ma?onnerie, d'un carr? long, peu ?lev?, au-dessus du sol. La dalle de pierre ou de marbre est couverte quelques inscriptions h?bra?ques : noms du mort et pr?ceptes Talmud. Quelquefois, d'apr?s une coutume des Isra?lites, l'on prend soin de creuser aux deux extr?mit?s de la pierre, deux petits trous, forme de godet, o? la pluie se d?pose et fait un r?servoir d?eau. Elle sert dans ce climat br?lant ? d?salt?rer les oiseaux. Seulement, il tombe tr?s rarement de l'eau, et le lendemain d'un jour de pluie, le soleil fait dispara?tre toute trace d'humidit?. Les oiseaux n'ont pas m?me quelques gouttes de ros?e.
Il y a ainsi dans le g?nie du peuple juif un m?lange de fictions charmantes et de r?alit?s absurdes. Cette race est pleine de r?serve et d'inconvenances, de d?licatesse et de brutalit?s, qui la rendent tr?s difficile ? d?finir d'une fa?on absolue. Une d?finition ne suffit pas, il faut des nuances, tant les d?mentis sont fr?quents da ce caract?re, tant il y a de d?saccord entre son naturel qui est subtil, et son ?ducation qui est toujours des plus grossi?res.
Ce jour du vendredi, sous le pr?texte de rendre hommage a morts, les femmes vont aux cimeti?res, ? peu pr?s comme ? Constantinople elles se r?unissent aux eaux douces.
C'est tout simplement un rendez-vous de plaisir, une partie de campagne autoris?e par les maris pour celles qui sont mari?es, par les usages pour les autres.
On fait plus que d'y causer : on y mange, on s'installe sur les tombes; on y tend des ha?ks en guise de nappe : la pierre tombale sert ? la fois de si?ge et de table ? manger, et l'on s'y r?gale p petits groupes, de p?tisserie. Les grands voiles flottent et ne couvrent plus les visages joyeux du grand air. On laisse voir les toilettes de dessous fort brillantes, car c'est une occasion de se parer, se mettre des bijoux au cou, aux bras, aux doigts, aux pieds, corsage, ? la ceinture, ? la t?te, de se peindre avec des couleurs plus vives les sourcils et le bord des yeux et de s'inonder des odeurs les plus violentes.
Pour un ?tranger, le ramage de toutes ces femmes est comparable ? celui d'une grande troupe d'oiseaux bavards. Plus libres cimeti?re qu'elles ne le sont au bain, elles n'ont pour confidents que des gens fort discrets qui dorment sous leurs pieds. Aussi, profitent et elles restent l? plusieurs heures. Leurs rangs ne s'?claircissent qu'? l'approche du soir, et les morts ne retrouvent le repos que lorsque la nuit est de nouveau descendue sur eux ?

(Extrait du ? Juda?sme Tunisien N?6 ? , Th?odore Cahu Janvier 1913)
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