Histoire des Juifs de Tunisie
Le Cimetière du Passage
Site : Le Borgel
Carrés au Borgel
Sépultures célèbres
Evénements
Etudes/Travaux
Médias
L'album
Liens
Contact
Visiteur N°: 700283
retour à l'accueil contact imprimer la page en cours www.leborgel.com comme page de démarrage
Recherche
A Tunis :
Rebbi Hai TAIEB 1743-1837

Ce rabbin (1743 ? 1837) est n? et mort ? Tunis. Il y fit ses ?tudes religieuses et th?ologiques. A dix-huit ans, il commen?a ? acqu?rir une certaine r?putation de saintet?, gr?ce ? ses connaissances cabalistiques et ? son amour pour les sciences mystiques. Cette r?putation ne fit que grandir ? mesure qu?il avan?ait en age.
D?ailleurs, la facilit? et le charme de sa parole le faisaient particuli?rement rechercher pour les c?r?monies fun?bres et religieuses, car nul n??tait aussi habile que lui ? retracer avec ?loquence les m?rites et les vertus des d?funts, ? stigmatiser d?un trait saillant les principales tares de son si?cle et ? ranimer dans le c?ur des fid?les le z?le ralenti pour les pratiques religieuses et d?votes.
La principale occupation de ses journ?es ?tait l??tude du Talmud et de ses commentaires ; disciple et coll?gues l??coutaient avec respect et ravissement. A ses heures de loisir, il ?crivait des notes et des commentaires personnels sur certains passages du Talmud qui lui paraissaient dignes d?une attention sp?ciale ; ou bien il s?adonnait ? la lecture et ? la m?ditation de la Cabale.
Lorsqu?un ?v?nement, joyeux ou n?faste, l?appelait au domicile de l?un de ses coreligionnaires et l?arrachait ? ses ?tudes et ? son travail, c??tait pour lui l?occasion de se consacrer ? la pr?diction et ? la pri?re.
Telle fut sa vie. Si insignifiante qu?elle paraisse ? premi?re vue, elle ne laissa pas d?exercer un immense prestige sur ses contemporains tunisiens . Aujourd?hui encore, son nom jouit d?une tr?s grande consid?ration aupr?s , des Isra?lites de Tunis.
? Voici d?ailleurs la traduction d?une partie de l??pitaphe que ses contemporains firent graver sur sa tombe : !

Elles ont donc tari les sources de la sagesse et de l?intelligence !
Le soleil et la Lune se sentent humili?s et confus !
Car un homme ?minent et parfait qui a ?t? la gloire de son si?cle fut trahi, h?las ! et combattu par ses contemporains !
Si la foudre frappe et embrase les c?dres superbes , que peut devenir l?humble v?g?tation des murs !
On sera le refuge au moment de l?angoisse et qui interc?dera en faveur du peuple aux heures de d?faillance !
L??tude sacr?e fut sa pr?occupation constante . Sa parole ?loquente ravissait les foules assembl?es pour l?entendre.
Son nom est Isaac Ha? de la famille de Taieb.
Il termina sa carri?re sans avoir rien perdu de sa fra?cheur malgr? sa grande vieillesse et le grand nombre de ses jours.
Son esprit et son ?me furent ravis vers les cieux le 16 du mois de Iyar de l?ann?e 5597.
Rabbi Isaac Ha? Taieb n?est pas mort.



A propos de cette derni?re ligne attribu?e, par l?opinion populaire, plut?t au marbrier qu?? l?auteur de l??pitaphe, il s?est form? la l?gende suivante.
Apr?s avoir grav? sur la tombe l?inscription qu?il avait l?ordre de reproduire, le praticien eut un songe, la nuit suivante. Il vit Rabbi Ha? lui appara?tre en courroux et lui reprocher am?rement de l?avoir ray?, par son inscription, du nombre des vivants. ? Je m?appelle Ha?, disait l?ombre, et je ne puis mourir ; va demain r?parer ta faute, si tu veux que le Ciel te continue la vie .? Le marbrier, tremblant de frayeur, se leva de bon matin et alla ajouter sur le marbre : ? Rabbi Isaac Ha? Taieb n?est pas mort. ?
Telle est la l?gende. Si on songe, d?autre part, ? la formule usit?e partout, chez les Isra?lites, ? la fin de toute inscription tumulaire, formule ainsi con?ue : Que son ?me soit li?e au faisceau de la vie ! on pourrait ais?ment admettre que l?auteur lui m?me de l??pitaphe, faisant allusion au mot Ha? , ait remplac? cette formule par les mots : ? Rabbi Isaac Ha? Taieb n?est pas mort !? Toujours est il que le surnom de ? celui qui n?est pas mort ? est devenu ins?parable du nom de Rabbi Ha?.
Une autre l?gende se rapportait au premier vers de cette ?pitaphe ; Rabbi Ha? Taieb n??tait pas ennemi des boissons fortes et , tr?s souvent, c?est ? la Boukha(eau de vie de figues) qu?il demandait son inspiration et sa bonne humeur. Cela ne manquait pas, n?anmoins, de le g?ner dans ses fonctions. Voulant mettre un terme aux effets de ce vice d?plorable, le grand rabbin de Tunis interdit, un jour, ? tous les marchands isra?lites la vente de la Boukha ? Rabbi Ha? .
Frapp? dans son amour-propre et dans ses go?ts, celui-ci alla tristement s?accroupir dans un coin ? la grande synagogue (Eliahou Anabi). C??tait un samedi, l?heure de la pri?re, l?apr?s midi, ?tait arriv?e, et le grand rabbin monta en chaire pour haranguer, comme d?habitude, les assistants. Sa surprise fut grande de ne pouvoir prof?rer un seul mot. Inquiet et troubl? de son manque d?inspiration, il donna ordre de faire venir Rabbi Ha? pour prendre la parole ? sa place. Ce dernier vint et, s?adressant au grand rabbin, commen?a ainsi son discours : ? Tu as fait tarir pour moi les sources de la boisson si ch?re ? mes vieux jours, j?ai fait tarir pour toi les sources du savoir et de l??loquence ! ? Force fut au grand rabbin de retirer l?interdiction faites aux cabaretiers. C?est dit-on, par allusion ? cet incident que le po?te a mis au d?but de l??pitaphe : ? Elles ont donc tari les sources de la sagesse et l?intelligence ! ?
Il n?y a que des l?gendes pour ,nous renseigner sur la vie du Rabbi Ha? Taieb. Sa fid?le servante lui ayant exprim? un jour le d?sir d??tre l?objet d?une petite faveur c?leste, Rabbi Ha? implora, ? cet effet, la mis?ricorde divine et obtint pour elle une longue vie. ? Tu viras cent vingt ans ?, lui dit-il. En effet, elle ne mourut qu?en 1902, ? l?age de cent dix ans, apr?s avoir fait abandon ? Dieu de ses dix derni?res ann?es, ? condition d?obtenir la gu?rison de son fils unique, malade d?une fi?vre typho?de ? ce qui lui fut accord? !

D?ores ces quelques l?gendes, on peut se faire une id?e de toutes celles qui sont relatives ? Rabbi Ha?. Les Travaux de Taieb ?taient immenses. Depuis l?age de dix huit ans jusqu?? celui de quarante, il ?crivit constamment, tant?t sur le Talmud, tant?t sur la Cabale. Mais sa m?re, dont il ?tait le fils unique, craignant pour lui une maladie ?tant elle le voyait absorb? dans ses ?tudes ? fit br?ler ses ?uvres. Il ne nous en reste que des fragments publi?s, sous le titre de H?l?b Hitim ? La Graisse du bl? ?, c?est ? dire le bl? de choix.

Rodolphe ARDITTI
Revue Tunisienne, 1904


Des contes et des l?gendes ne manquent pas sur les nissims et niflaots qu?il accomplit.
  • Il y avait ? Tunis un riche commer?ant qui r?unissait chez lui chaque ann?e un minian pour lire le ? Tikoun de Chavouot ? et le matin il pr?parait un repas copieux et offrait des cadeaux ? ses invit?s. Il eut un revers de fortune et pour continuer ce ? minhag ? (cette habitude) il alla vendre les bijoux de sa femme ; au retour il rencontra Rebbi Hai TAIEB qui lui demanda de l?argent et ne put lui refuser.

    En rentrant chez lui, il rencontra un ?missaire du Bey qui lui dit : ? Le Bey veut un service ? caf? en fa?ence qui co?te tr?s cher, pour boire le caf? avec ses ministres ?.Impossible de trouver ce mod?le au march?.
    Le juif continua sa route et voil? qu?il rencontre un marchand qui lui dit : j?ai dans ma r?serve un service ? caf? , je ne sais qu?en faire, prend le ? n?importe quel prix. Il retourna alors chez le Bey et lui vendit le service ? caf? ? prix d?or. Au retour, il rencontra le Rebbi Hai TAIEB qui lui dit : Quelle ?tait meilleure, la somme que tu m?as donn? ou celle que tu as re?u du Bey. Le rabbin le b?nit et depuis ce jour il s?enrichit.

  • Il y eut un jour une s?cheresse en Tunisie et la communaut? d?cr?ta un jour de jeune (sans consulter Rebbi Hai TAIEB . Le matin du jeune , le rabbin demanda un caf? ? sa femme ; n?as-tu pas entendu que la communaut? a d?cr?t? un jour de jeune ? Pr?pare le caf? lui dit-elle la pluie va tomber. Connaissant son mari, elle pr?para le caf?. La pluie commen?a ? tomber. Mais la pluie tombait trop dru. ? Ma?tre du monde fait tomber une pluie de BERAKHA ?. Le jeune fut annul? et chacun rentra joyeux chez lui.
  • Le voisin de R.H Ta?eb qui ?tait non juif, avait entendu le rabbin parler avec le Ma?tre du monde, il voulut vite changer de voisinage ; argument donn? au propri?taire :

    Il parle avec le Cr?ateur comme ? son ami ; d?abord donne la pluie, ensuite une pluie douce, si demain il se f?che avec moi il peut me mettre ? mort. La nouvelle parvint ? R.H.T qui lui dit qu?il n?avait rien ? craindre tant qu?il ne ferait pas de mal aux juifs.
  • On raconte que les Hakhamim d?Eteretz ISRAEL envoy?rent un kollelman ? Tunis pour appr?cier le niveau des rabbins de Tunisie. Dans son ROUAH HAKODECH
    Rebbi Ha? TAIEB alla recevoir au port l?envoy?. Il se pr?senta ? lui comme ? porteur ?. Le lendemain ? la synagogue, l?envoy? put se rendre compte des connaissances de R.H.T qui ?taient d?un ordre sup?rieur. Il put donc appr?cier d?une part de la valeur des Hakhamim de Tunisie, mais aussi de leur modestie et simplicit?.

  • R.H.T fut un jour malade et s?absenta du BETH HAMIDRACH pendant trois semaine. Rabbi Yechoua BESSIS dit ? ses ?l?ves de ramasser de l?argent pour lui. Ils ramass?rent 50 pi?ces d?argent et all?rent chez lui pour les lui remettre. Arriv?s chez le rabbin, ils s?aper?urent que celui-ci ?tait gu?ri et qu?il se promenait dans la cour.

    Ils se dirent : La moiti? de la somme lui suffirait. Ils entr?rent chez le rabbin, prirent de ses nouvelles et lui remirent 25 pi?ces d?argent. Rebbi Ha? TAIEB les d?visagea et leur dit : Celui qui sort se promener dans sa cour doit-il perdre 25 pi?ces d?argent ? Les envoy?s pr?sent?rent leurs excuses et demand?rent au rabbin de les excuser pour leur conduite.
  • Rebbi Hai TAIEB habitait pr?s du notable Y. SILVERA dont la femme ?tait st?rile et tr?s chagrin?e car son mari voulait ?pouser une autre femme pour procr?er. Rebbi Ha? TAIEB lui promit Qu?elle aurait un gar?on l?ann?e suivante. L?ann?e ?coul?e elle eut un gar?on. Le notable Silvera donna une grande f?te et invita beaucoup de monde, dont Rebbi Y. BESSIS et un ?minent ?missaire de J?rusalem. Ils organis?rent une table pour ?tudier le zohar ; mais la ma?tresse de maison leur demanda de patienter jusqu?? l?arriv?e de R.H.T. soudain, un homme simple v?tu de haillons et de souliers rafistol?s entra et tout le monde se leva. Le rabbin alla s?asseoir ? c?t? de R. Y. BESSIS , se versa un verre de boukha, il mit les pieds sur la table et s?endormit. L??missaire fut ?tonn? et m?me vex? par la conduite de cet invit?. Il exigea qu?on lui fit baisser les pieds de la table. Mais R. Y. BESSIS l?en dissuada. Ces paroles augment?rent sa perplexit?. Quelques instants plus tard le rabbin se r?veilla et commen?a son ?tude avec le rabbin Bessis. L??missaire fut stup?fait par cette intelligence et cette facilit? avec laquelle ils passaient d?une s?quence ? une autre. IL sortit, leva les bras vers D? ? Ma?tre du monde, donne moi autant d?intelligence que ces deux sages pour que je puisse ?tudier avec eux ?
    Il retourna ? la r?ception Rebbi Ha? TAIEB l?interpella ? pour comprendre il te suffit de faire l?effort ?. Avant de quitter Tunis l??missaire embrassa les pieds de Rebbi Ha? TAIEB et alla jusqu?? prendre de la boue de ses chaussures qu?il emporta avec lui.

  • Recherche r?alis?e par Monique HAYOUN

    Cette page a été visitée : 7106 fois
    Conception et réalisation par Monique Hayoun Free counter and web stats
    © Copyright 2004-2017LeBorgel.com. Tous droits réservés.